L'interview de J-zen
ville de résidence : Rennes âge : 26 artiste préféré : DJ Premier plat préféré : Les Tacos film préféré : Usual suspects Une expression pour te définir : Zen Peux-tu te présenter ? Moi c’est J-Zen, j’ai commencé le beatmaking il y a 5/6 ans, avec un ami. On a aussi commencé à mixer, bien que je ne me considère pas du tout comme un deejay. J’aime juste faire découvrir du son aux gens, et en découvrir moi-même. Peux-tu nous parler de ton parcours dans la musique, comment es-tu venu au beatmaking ? Mon père était collectionneur de vinyles, surtout orienté rock des années 70. Tout petit j’avais déjà la tête dans les vinyles, il m’a fait découvrir tout ce qui est Pink Floyd, etc.… Vers 11 ans, je n’écoutais pas du tout de hip hop, à l'époque j'apprenais la guitare avec mon cousin. Il m’a fait écouter des trucs que je sample aujourd’hui, et m’a apporté une curiosité musicale en me poussant à écouter le son que je veux, et pas ce que les autres veulent que j’écoute. J’ai donc gratouillé la guitare pendant 4/5 ans, et j’ai pris ma première claque en écoutant du GangStarr. Ce n’est pas que je n’aimais pas le hip hop avant, mais je n’avais pas les bonnes références, vers 15 ans j’ai vraiment commencé à m’y mettre en écoutant le Wu Tang, tout en continuant à écouter des sons soul/rock bien perchés des années 70 ! En dehors du beatmaking, as-tu pratiqué d’autres disciplines hip hop ? Je suis bien derrière ma MPC, le MCing ne m’a jamais attiré, j’ai déjà tapé des backs sur des morceaux qu’on enregistrait mais je n’ai pas cette prestance derrière le micro. J’ai des potes, quand je les vois je me dis « ils assurent ! », mais moi je ne pourrais pas, je suis quelqu’un qui est derrière les platines ou les instrumentales, c’est vraiment mon mode d’expression. Tu as rejoint Dooinit Records il y a 2/3 ans, peux-tu en parler ? Ce sont des potes qui ont commencé dans l’événementiel, en organisant le concert de Little Brother à Rennes. Un jour, ils m’ont appelé et m’ont demandé si je voulais faire la première partie de Jazzy Jeff ! Déjà je me suis assis (rires) et j’ai dit : « pas de problèmes ! ». C’était cool pour moi et en même temps pour eux qui se sont fait un nom. J’ai donc fait les premières parties de Primo et Jazzy Jeff avec Deheb, et dernièrement la première partie de Pharaohe Monch et CunninLynguists à l’Ubu à Rennes. Ça m’a donc changé des mixs que je faisais dans les bars de temps en temps. Ils ont ensuite créé un label, embauché des gars grâce aux concerts et se sont lancés dans la production musicale, du coup ils m’ont signé sur le label. Il y avait aussi le projet de signer Maloko, un MC qui est vraiment fort, mais il a du partir de Rennes pour ses études et ça ne s’est pas fait. Je suis donc le seul artiste sur Dooinit pour l’instant. Qu’est-ce que ça a changé pour toi d’être sur un label, d’avoir une structure derrière toi ? Avant j’étais avec Fredog MC, un bon activiste qui est souvent sur Nantes, et je faisais des sons pour lui mais cela restait vraiment de l’artisanat. Je ne me suis jamais lancé parce que je déteste l’administratif, je kiffe faire de la musique mais dès qu’il faut remplir des papiers… Ce qui est bien sur Dooinit, c’est que chacun a son rôle, administratif, communication, designer. Ils m’ont dit dès le début : « tu ne feras que de la musique », et c’est ca qui m’a encore plus motivé. En juin 2009 tu sors le projet « Breakfast », comment est-ce que tu définis ce projet, et qu’est-ce que tu peux dire aux gens pour les inciter à l’écouter ? C’est mon premier projet instrumental, je n’avais pas de choix de MC, donc c’est vraiment du 100% J-Zen, au niveau du choix des samples et du contenu. Ensuite avec le label on s’est concerté sur le nom et le design. On a bien taffé dessus tout en essayant de ne pas tomber dans le cliché du « Donuts » (album instrumental du défunt J.Dilla). Sinon pour les instrus, c’est un peu ma carte d’identité musicale, j’ai repris toutes les influences que je peux avoir, mais sans jamais copier, je veux créer et pas re-créer, ça a vraiment une grande importance pour moi. J’ai des amis qui font du beatmaking, des fois ils vont avoir du Dilla dans la tête, ils refont du Dilla. Pour moi tu ne peux que être influencé, admiratif, mais il faut que tu mettes ton grain aussi. Donc je suis allé chercher mes samples un peu partout. Une boucle, quand elle est belle, je peux des fois me l’écouter pendant 2 min, et à la fin je ne suis même pas rassasié ! En gros j’ai essayé de dégager mes influences et ma personnalité sur ce projet. Un vrai projet personnel donc ? Exactement, et c’était surprenant parce qu’on a eu vraiment de bons retours. Et pourtant c’est vraiment du « home studio », j’ai juste ma MPC et ma basse. Le projet a quand même été masterisé par Protagoras Studio qui s’occupe du mastering de Moka Only. Il a une bonne patte et il a mis sa touche finale. On voulait travailler avec un vrai professionnel, pas se foutre des oreilles des gens, bien que le projet soit gratuit. Les projets gratuits pullulent sur internet, autant mettre un petit peu de qualité. Est-ce que tu as des projets à venir ? On a pour projet de sortir un 45 tours avec deux rappeurs, on a déjà un morceau avec Substantial. Pour moi c’était la première fois qu’un ricain posait sur une de mes instrus, il est vraiment très fort. On doit avoir une deuxième personne, c’est sûr à 95%, il est en train d’écrire, mais tant que le morceau n’est pas enregistré, je préfère ne pas donner de nom. On aura deux morceaux accompagné de quelques instrus. Que prépares-tu pour la Soul Clap ? Je suis déjà allé sur le site, mater les vidéos pour voir un petit peu l’ambiance, m’imprégner du délire. En ce moment j’écoute beaucoup de hip hop anglais, je vais aussi ramener un peu de Black Milk, un peu de Detroit et puis l’artillerie lourde pour la fin de soirée ! Le mot de la fin ? Je suis vraiment content de venir partager mon univers musical, qui plus est à Nantes, une première pour moi. Nantes pour nous les rennais, est vraiment une référence de la culture urbaine. Il y a une cohésion du mouvement qui fait avancer les choses. Chez nous à Rennes j’ai l’impression que chacun fait son truc dans son coin, c’est super difficile d’organiser des shows … Sinon on se croisera peut-être au concert de De La Soul et de Slum Village. myspace.com/jzen2rennes
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